Lille : il s’oppose à l’intervention des policiers

PUBLIÉ LE 09/06/2013

Par DIDIER SPECQ - La Voix du Nord

  

   Ce jour-là, vers 17 h 50 place Febvrier, les policiers lillois observent des jeunes gens qui s’affairent près d’un compteur électrique. Les enquêteurs sont d’autant plus intéressés par les agissements de ces individus que, le matin même, des policiers étaient en action au même endroit contre des revendeurs de stupéfiants. Or, c’est justement ce compteur EDF qui servait de cache aux dealers interpellés plus tôt dans la journée. Donc, ces électriciens amateurs, dans l’après-midi, étaient plus que suspects. Cherchaient-ils des stupéfiants qui auraient été oubliés ?

Au moment où les policiers du soir cherchent à interpeller les suspects, ça barde : les futurs interpellés prennent la fuite, les policiers les coursent mais, à leurs basques, foncent sur d’autres jeunes gens qui s’en prennent aux forces de l’ordre : insultes, jets de cailloux, de bouteilles… Un groupe d’une vingtaine de personnes. Quand les policiers regroupent leurs forces et ripostent, tout le monde disparaît comme une volée de moineaux.

Tout le monde à l’exception de D. H., 26 ans, qui se réfugie chez un coiffeur des alentours. Quand les policiers entrent dans le salon en question, le suspect s’est retiré dans les toilettes. Lorsqu’il en sort enfin, il est interpellé.

Vendredi, devant la présidente Reliquet comme en garde à vue, le prévenu nie en bloc et en détail : « J’étais là, c’est tout, j’ai suivi un peu ces gens qui couraient mais je n’ai rien à voir avec tout ça. » Côté police, on affirme que le suspect est dans le coup.

« C’est tout de même très inquiétant. Cela veut dire que les policiers en opération peuvent à tout moment être pris à partie par une vingtaine de personnes », résume la procureure Valérie Lecrohart. Le coiffeur, ce n’était pas un refuge selon le prévenu quinze fois condamné : « C’est quelqu’un que je connais, je voulais utiliser son ordinateur. »

Selon la défense assurée par Me Faustine Broulin, rien n’indique, à part peut-être les antécédents judiciaires, que le prévenu ait réellement été un membre actif de la riposte contre les policiers. Mais neuf mois de prison et un mandat de dépôt tombent.